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Exposé donné pendant la Conférence nationale sur la négociation collective au sujet de la revendication sur le Fonds pour la justice sociale

Le 2 février 2007

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Jeannette Meunier-McKay, Présidente nationale SEIC et membre du Comité directeur du Fonds de justice sociale de l'AFPC  se réunit avec les femmes du Barrio Siloe en Colombie qui luttent pour obtenir des services municipaux pour leur collectivité.

Je tiens d'abord à remercier les organisateurs et organisatrices de m'avoir invitée à donner un exposé sur une revendication innovatrice portant sur le Fonds pour la justice sociale. Ils savent que ce dossier me tient vraiment à coeur et je suis sûre qu'il en va de même de bon nombre d'entre vous. Les syndicats ont pour raison d'être d'améliorer la vie des travailleurs et travailleuses et de leurs familles. L'Alliance de la fonction publique du Canada s'est engagée à négocier des améliorations à apporter à la rémunération et aux conditions de travail de ses membres. Or, l'AFPC croit en outre que les syndicats doivent contribuer à faire régner la justice et la paix dans le monde.

Ce matin, je vais examiner avec vous notre revendication sur le Fonds pour la justice sociale, je vais indiquer pourquoi elle est si importante et je vais décrire l'engagement que nos membres et notre syndicat ont déjà pris à l'égard du Fonds.

Traitons d'abord de la revendication.

Nous amenons à la table de négociation une revendication selon laquelle l'employeur verserait un cent (1 ¢) par heure de travail au Fonds de justice sociale de l'AFPC. Les cotisations seraient versées à l'égard de toutes les heures de travail effectuées par chaque employé-e faisant partie de l'unité de négociation.

Qu'on la mesure comme on le voudra, la revendication n'a pas une incidence financière majeure. En fait, elle correspond à une cotisation annuelle de l'employeur d'environ  20,00$ par membre.

De grands employeurs canadiens ont reconnu l'importance des fonds humanitaires, de solidarité et de justice sociale et ont convenu de négocier leurs cotisations à ces fonds.

Les trois grands de la production d'automobiles au Canada ont donné le pas dans ce domaine et versent actuellement 1 a 7 cents par heure de travail au Fonds pour la justice sociale des Travailleurs canadiens de l'automobile.

En fait, les Travailleurs canadiens de l'automobile ont réussi à négocier la cotisation d'au moins 166 employeurs à leur Fonds pour la justice sociale, y compris Siemens et Noranda. Les Métallos ont négocié 530 conventions collectives y compris celle avec Cominco qui comprennent une cotisation à leur Fonds humanitaire.

Depuis la création du Fonds de justice sociale de l'AFPC, le 1er mai 2003, l'AFPC a réussi à négocier la cotisation à ce fonds d'employeurs des aéroports (Ottawa, North Bay, Timmins et Victoria), de la Société canadienne des postes et d'environ 40 autres employeurs des différentes parties du pays.

On ne pourrait certainement pas accuser le gouvernement du Canada et ses organismes de créer un précédent en consentant à cotiser au Fonds pour la justice sociale en vertu des conventions collectives conclues avec l'AFPC. Et ils ne créeraient pas un précédent dans le secteur public non plus, puisque la Société canadienne des postes cotise au Fonds de solidarité internationale du STTP.

La revendication sur le Fonds de justice sociale de l'AFPC a un effet relativement négligeable sur le plan financier. Cependant, l'effet du Fonds sur les personnes et les communautés qu'il est destiné à aider est loin d'être négligeable.
 
Le Fonds de justice sociale de l'AFPC assure :

  • des secours d'urgence au Canada et dans le monde entier,
  • des initiatives canadiennes de lutte contre la pauvreté et de développement international,
  • des échanges entre travailleurs et travailleuses et
  • une éducation des travailleurs et travailleuses au Canada et dans le monde entier.

En somme, il permet à notre syndicat de mener des activités distinctes et importantes et de bien les mener. L'AFPC s'occupe de justice sociale au Canada et à l'étranger depuis de nombreuses années. Nous luttons pour les droits des travailleurs et travailleuses depuis de nombreuses années. Nous avons obtenu pour nos membres un des règlements pour l'équité les plus importants du Canada et du monde. Cette victoire a ouvert la voie à la lutte pour l'équité salariale d'autres groupes syndiqués et non syndiqués.

Depuis sa création en 2003, le Fonds pour la justice sociale a aidé à bon nombre de projets et d'efforts de secours aux sinistré-e-s au Canada et à l'étranger.

En voici quelques-uns :

Au Canada et sur la scène internationale, les services publics sont menacés, les violations des droits humains et syndicaux sont systémiques et augmentent, les mesures de réforme réduisent la protection des travailleurs et travailleuses et le filet de sécurité social est déchiré.

En somme, notre revendication cadre avec la pratique des grands employeurs syndiqués du secteur privé du Canada et elle appuie les politiques publiques en matière d'aide extérieure et de développement international.

Un militant syndical colombien a dit au cours d'un récent échange de travailleurs et travailleuses appuyé par notre Fonds pour la justice sociale : « nous considérons le Canada comme un modèle. Nous avons besoin de votre aide pour remporter nos propres victoires ». C'est aussi à cela que sert notre Fonds de justice sociale.

En dernier lieu, rappelons-nous que la revendication sur le Fonds de justice sociale est importante. C'est un appel au soutien d'une initiative qui changera les choses dans notre propre pays et au-delà de nos frontières.

Je vous incite à donner la priorité au Fonds pour la justice sociale et à maintenir la revendication en négociation à tout prix afin de tenir l'actuel gouvernement responsable de la justice sociale au Canada et à l'étranger.

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