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Un militant syndical philippin réclame une plus grande intervention du mouvement syndical canadien contre les violations des droits de la personne et des droits syndicaux

La présidente des Philippines, Gloria Macapagal Arroyo, se targue de la croissance économique récente de son pays. Or, comme l'a expliqué un militant syndical philippin en tournée à l'AFPC le 11 octobre, cette croissance s'est produite alors que les violations des droits de la personne et des droits syndicaux n'ont cessé d'augmenter.

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Arnel Salvador, directeur adjoint du Centre d'aide aux travailleuses et travailleurs, situé dans la province de Cavite, aux Philippines et Le président national de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), John Gordon

« Les violations des droits de la personne sous le régime Arroyo ont dépassé le record établi sous la dictature de Marcos », affirme Arnel Salvador, directeur adjoint du Centre d'aide aux travailleuses et travailleurs, situé dans la province de Cavite, aux Philippines.

Au cours de sa tournée d'un mois au Canada, Arnel Salvador cherche à sensibiliser davantage les Canadiennes et les Canadiens, particulièrement le milieu syndical, et à obtenir leur appui à l'égard de la lutte que mènent les travailleuses et les travailleurs philippins contre la vague de répression antisyndicale et les violations des droits de la personne sous le régime Arroyo.

Entre le 20 janvier 2001, date de l'arrivée au pouvoir de Gloria Arroyo, et le 30 juin 2006, plus de 60 leaders, membres, organisateurs et partisans du mouvement syndical et d'associations de travailleurs ont été tués. Ils comptent parmi les quelque 800 militants progressistes et opposants du régime Arroyo qui ont été victimes d'assassinats politiques. À cela s'ajoutent les agressions sur les lignes de piquetage, les arrestations et les détentions illégales, les menaces sérieuses, les intimidations, les enlèvements et le harcèlement. Selon le Centre pour les droits syndicaux et de la personne (CTUHR), un institut de recherche indépendant aux Philippines, il y a eu 982 cas de violations des droits syndicaux et des droits de la personne dont ont été victimes 77 028 travailleuses et travailleurs de 2001 à 2006.

Et la tendance se poursuit. Entre janvier et août 2007 seulement, le CTUHR a documenté 59 cas de violations des droits de la personne touchant plus de 800 travailleuses et travailleurs. Plus de la moitié de ces cas se sont produits dans 20 zones franches industrielles situées dans cinq provinces périphériques à la région de la capitale nationale des Philippines, y compris la zone que le groupe de Salvador cherche à syndiquer. Les gardes de sécurité des entreprises et les forces de l'ordre ont été impliqués dans ces infractions.

La zone franche industrielle de Cavite est la plus importante des Philippines. Elle compte 267 usines de propriété étrangère qui embauchent 65 000 personnes. Deux syndicats ont fait la grève contre deux fournisseurs de Wal-Mart : Chong Won Fashions et Phils Jeon Garments, de propriété coréenne, qui embauchent quelque 800 travailleuses et travailleurs. Les grévistes protestent contre le refus de leur employeur de négocier une convention collective, malgré le fait que leurs syndicats ont été reconnus comme agents négociateurs accrédités par les tribunaux. Les grévistes ont été victimes de harcèlement, de menaces et d'intimidations, d'agressions et de dispersions violentes au cours de leur bataille qui dure depuis un an.

« Le mouvement syndical canadien doit ajouter sa voix à la clameur internationale qui dénonce déjà ces violations des droits de la personne », déclare Arnel Salvador.  « Je presse les milieux syndicaux des Philippines et du Canada d'entreprendre une campagne conjointe en vue de mettre fin aux meurtres extrajudiciaires et aux attaques contre le mouvement syndical aux Philippines. »

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